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Telle une fable, l’histoire de la Ferme de la Dîme remonte à il y a déjà bien longtemps. Semée de rêves, d’envies, d’embûches aussi, la voici brièvement. Mais auparavant, un petit parfum de l’ambiance si particulière des lieux.

ANNÉES 80

Après des parcours différents, les routes de Benoît Postic et Catherine Blanjean se rejoignent au début des années 80 et les deux artistes participent notamment ensemble à la fondation des Baladins du Miroir. Le concept est simple: vivre en communauté, dormir dans des roulottes, et, surtout, aller à la rencontre du public afin de rendre le théâtre plus accessible. Après six ans de cette expérience foraine et un bref moment où ils arrêtent de monter sur les planches, leur passion reprend le dessus et, en 1988, ils créent la compagnie Transhumance qui s’adresse principalement au jeune public.

En 1993, la compagnie se fixe dans une ancienne ferme à Wasseiges, au coeur de la Hesbaye. Le lieu comprend une immense grange qui se prêterait bien à accueillir des spectacles…

ANNÉES 90

En septembre 1996, c’est l’inauguration. Répondant à une carence en infrastructures culturelles dans sa région, l’asbl Transhumance a effectué sur fonds propres les travaux nécessaires pour transformer une ancienne grange en lieu de création et de programmation.

La commune ne bénéficiant ni de centre culturel, ni de maison de jeune, aucune infrastructure ne permettait les coïncidences entre arts et publics sur la localité, historiquement qualifiée de désert culturel. L’objectif était donc clair, mettre en place cette passerelle manquante et ce lieu de rencontre pour gens d’ici et d’ailleurs.

Ce lieu réhabilité à l’huile de bras a donc pris place à Wasseiges, une petite commune rurale d’un peu moins de 3000 habitants qui regroupe une population assez mixte, culturellement et socialement. Pays-sage au delà des heures de bureau, elle est composée à la fois de ruraux et de migrants urbains venus des grandes villes comme Liège, Namur ou Bruxelles.

A l’époque, les centres culturels d’Eghezée et de Hannut n’existaient pas. « Nous aurions aimé collaborer avec le centre culturel de Huy, mais comme nous ne faisions pas partie du même arrondissement, c’était administrativement impossible. La Communauté Française nous a quand même accordé le statut d’organisateur Art et Vie ». Depuis lors, la Ferme de la Dîme accueille un public grandissant. « Notre offre est celle d’un service public. Le plus, c’est l’ambiance, les lieux, la convivialité des spectacles. Notre objectif est de réconcilier les gens avec la culture, d’attirer un public novice, séduit par la proximité des acteurs et des musiciens. Des artistes avec lesquels ils peuvent parler après le spectacle. Et d’offrir à ces mêmes artistes un espace de rencontre et d’échanges avec un vrai public »

ANNÉES 2000

C’était les 10 ans de la Ferme de la Dîme. Sur scène, une quinzaine de musiciens se relayaient. Les groupes se formaient et se déformaient au gré des envies, et interprétaient leurs chansons ou celles des autres.

Malgré ces 10 années, l’attention portée par les institutions subsidiantes restait fort ténue, fragilisant le travail de terrain, et freinant paradoxalement la professionnalisation du lieu. Cette question et d’autres sur les « petits lieux de diffusion » ont été abordées lors d’une table ronde organisée ici même et à laquelle ont participé représentants de la SACD, de la communauté française, des petits lieux, des centres culturels. Voulue comme l’embrayeur d’une réflexion, souhaitant défricher ce concept de « petit lieu de diffusion » où s’entremêlent notamment projets amateurs et projets professionnels, ce moment n’eut que peu de suite et aucune disposition particulière ne fut engagée par la communauté française sur ces questions légitimes.

AUJOURD’HUI

La Ferme de la Dîme a fêté ses 20 ans d’existence en septembre 2016. Le lieu tient bon, malgré les rigueurs budgétaires imposées à tout le secteur culturel. Le public est toujours présent en nombre, les projets de résidences d’artistes, de partenariats se multiplient. La programmation fait la part belle à la musique, mais la Ferme accueille aussi du théâtre, du théâtre jeune public, et des séances de cinéma  chaque été. Elle est également devenue un lieu d’accueil pour des manifestations organisées par d’autres opérateurs : académies, chorales, associations…